Si Belleville m’était conté – étape 7

En descendant la rue de Belleville

Panneau Place Fréhel

Nous avons passé la rue Julien Lacroix où au numéro 72 se tenait l’échoppe d’Alexis Trinquet, ouvrier cordonnier communard qui combattit à Belleville lors de la semaine sanglante. Évoquons également d’autres figures de la Commune qui s’illustrèrent dans le quartier, comme Nathalie Lemel ou Paule Minck, communardes féministes qui animèrent des réunions publiques notamment à l’église Notre-Dame-de-la-Croix rue de Ménilmontant, jusqu’à la “semaine sanglante”, le massacre qui mit fin à la Commune.

Au niveau du 46 rue de Belleville se tenait un théâtre, inauguré en 1828 et disparu en 1962.

Cette illustration montre les transformations du quartier, comme nombre de bâtiments anciens qui ont disparu au profit d’imposants bâtiments rectilignes et à forte densité.

En 1932, il fut démoli et remplacé par un nouveau bâtiment dont seul le rez-de-chaussée offre une salle de spectacle. À partir de janvier 1937 et jusque dans les années 1940 il alterne entre théâtre et cinéma. En 1958, il est transformé en music-hall et ferme définitivement en 1962.

Cette partie du quartier a également changé avec l’arrivée d’une population asiatique, tout d’abord chinoise dans les années 1960-70 puis des pays d’Asie du Sud Est dans les années 1980.

Lien vidéo 5ème partie de la déambulation avec Maxime Braquet :

Liens vers plus d’informations :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9%C3%A2tre_de_Belleville_(1828-1962)

https://plateauhassard.blogspot.com/2013/06/la-rue-de-belleville.html?m=1

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Si Belleville m’était conté – étape 8

Mémoire

Panneau devant l’école élémentaire 38 rue de Tourtille

La communauté juive, très présente à Belleville, a été lourdement frappée dès 1942 avec la rafle du Vel d’Hiv.

« Se souvenir pour construire l’avenir », c’est l’objectif que se sont fixé dès 1997 d’anciens élèves de l’école de garçons de la rue Tlemcen à Paris, rescapés de la déportation, résistants, enfants cachés. 

Après des recherches dans les registres de l’école, une première plaque fut apposée révélant que 163 enfants du groupe scolaire avaient été assassinés en déportation, victimes à la fois de la politique raciale de l’occupant nazie et de la collaboration zélée du régime de Vichy.

Ce fut le déclencheur d’un travail de mémoire étendu à tout le 20ème arrondissement avec la création de l’association « Comité de l’école Tlemcen », dont le but est d’entretenir la mémoire, lutter contre l’oubli, le négationnisme, l’antisémitisme, le racisme, dire ce que fut l’horreur de ce génocide, et rappeler que les idées du fascisme n’ont pas disparu et que nous devons rester vigilants, toujours.

https://www.comitetlemcen.com/Accueil.html

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Si Belleville m’était conté – étape 9

Le foyer Bisson

Panneau 15 rue Bisson

Affiche des résidents – 1966

En 1966, 400 travailleurs venant de Mauritanie, du Sénégal ou du Mali, français ou régularisés, travailleurs à Paris, logent dans une usine désaffectée, au 15 rue Bisson, dans des conditions insalubres.

Un collectif de soutien aux résidents regroupant voisin.es, associations et organisations de toute nature se constitue pour accompagner l’action des résidents en grève de loyers dans le but d’obtenir la création d’un nouveau foyer dans le quartier.

L’immeuble finira par être démoli pour laisser place à un bâtiment neuf. Le foyer réouvre enfin en janvier 1978. Mais en 1986 la Ville veut démolir ce nouveau foyer, promettant des relogements.

De nombreuses actions, dont juridiques, sont entreprises et donneront raison aux résidents. Cependant l’entretien régulier par le gérant du foyer est totalement négligé, et les résidents s’organisent alors en autogestion pour l’assurer et ce jusqu’en 2001. Une nouvelle gérance prend le relais, d’abord l’AFTAM puis Coallia, mais malfaçons et manque d’entretiens restent de mise et les résidents restent vigilants.

Vidéo INA

lien complément autre film INA

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Si Belleville m’était conté – étape 10

Le Boulevard de Belleville

Panneau au niveau du 100 Bvd de Belleville

Le boulevard de Belleville séparait autrefois Paris de la commune de Belleville, qui fut annexée en 1860. Avant cela un long mur de 24km et 3m de haut, le mur des Fermiers Généraux, encerclait Paris, et une soixante d’ouvertures permettaient d’y entrer. L’objectif était de mettre en place la perception d’un impôt sur les marchandises entrant dans la ville.

De l’autre côté du boulevard, au numéro 63, nous pouvons apercevoir le Zèbre de Belleville.

Image Wikipedia

D’abord cinéma sous le nom de Nox en 1939, il est rebaptisé Le Berry en 1951 (pour rappel : en 1946 on ne comptait pas moins de 30 salles de cinémas dans le 20ème). Dans les années 80, il propose également des concerts et est rebaptisé Le Berry Zèbre.

En 1994, après maintes péripéties, le voilà muré, fauteuils arrachés et écran crevé. La lutte pour sa réouverture s’organise, avec des concerts de Jacques Higelin, Richard Bohringer, Les Garçons Bouchers, les Têtes Raides… Mais il restera muré jusqu’en 1999, date à laquelle des travaux sont enfin lancés. En 2003 il réouvre et se décrit désormais comme le « plus petit cabaret d’Europe ».

Plus loin, au 124-126 boulevard de Belleville, se tenait la « Goutte de lait ». A la fin du 19e siècle, sont mises en place des « Gouttes de lait » destinées à diminuer la mortalité infantile par une meilleure alimentation. La surveillance de la croissance du nourrisson y est organisée (pesée, soins, distribution de lait). Ce lieu deviendra ensuite le centre social Elisabeth puis la Maison de Bas-Belleville, dont les locaux ont été transférés au 5 rue de Tourtille suite à la fermeture du site pour des raisons de fragilité du bâtiment.

https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Goutte_de_lait Henri Jules Jean Geoffroy, CC0, via Wikimedia Commons

A l’angle de la rue de Belleville, dans le café La Vielleuse, le miroir zébré et décoré représentant une vielleuse se veut le rappel d’un évènement survenu à la fin de la Première Guerre mondiale, quand la glace se fissura du souffle de l’explosion d’un obus tiré par un canon allemand de longue portée et tombé près du café.

Plus d’informations sur La Vielleuse : https://www.des-gens.net/La-Vielleuse-et-Le-Point-du-jour

C’est sur le trottoir du Bd de Belleville, près de la Vielleuse, qu’un atelier d’initiation à la vidéo, organisé par Canal Marches en 2013, a tourné ce vidéo-trottoir donnant la parole aux habitant-es :

Belleville – un autre monde est possible ?

Autre vidéo bellevilloise : A la recherche des cinémas disparus :

A la recherche des cinémas disparus

Barricade de la Commune :

Une bombe sur le Boulevard de Belleville :

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Si Belleville m’était conté – étape 11

Rue Ramponeau

Panneau devant l’école primaire 51 rue Ramponeau

Dessin de Robida – En bas à droite de l’image : « La dernière barricade rue de Tourtille le dimanche 28 à 2 h » (Histoire socialiste sous la direction de Jean Jaurès 1908, Volume 11, La Commune, illustration page 437) : voir le sitehttps://www.commune1871.org

La dernière barricade

C’est à quelques pas d’ici, rue Ramponeau, le 28 mai 1871, que serait tombée la dernière barricade de la Commune, dernier jour d’une révolte noyée par l’armée versaillaise dans un bain de sang et suivi d’une répression terrible et non moins sanglante contre les communard.e.s.

Voir le site : https://www.commune1871.org/la-commune-de-paris/histoire-de-la-commune/chronologie-au-jour-le-jour/1362-la-derniere-barricade-de-la-commune-de-paris

« À deux heures, sur la barricade qui tenait le croisement de la rue de Ramponneau et de la rue de Tourtille, le dernier Fédéré – héros anonyme qui se battit seul pendant le dernier quart d’heure, lâcha son ultime coup de fusil » ; ils ajoutent en note : « Il put heureusement s’échapper ». Toujours dans cet ouvrage figure la reproduction d’un croquis de Robida avec cette légende :

La dernière barricade de la Commune (dimanche 28 mai, à 2 heures). Située à l’intersection de la rue de Tourtille et de la rue – plus exactement ancien chemin de ronde Ramponneau

Nathalie Le Mel :

Nathalie Le Mel – image wikipedia

Sous la Commune, l’exaltation de son langage n’a pas connu de bornes, et on l’a entendue dans les clubs de l’église Saint-Germain l’Auxerrois, de la Trinité, de Notre-Dame de la Croix, prêcher les théories les plus subversives. De concert avec la nommée Dmitrieff, Nathalie Le Mel a rédigé le 6 mai un manifeste qui est au dossier p. 42, et qui dans les termes les plus violents appelle aux armes les femmes de Paris.

Paule Minck :

Paule Minck – image wikipedia

Lorsque la guerre de 1870 éclate, Paule Minck organise la défense d’Auxerre contre les Prussiens, ce qui lui vaut de se voir offrir la légion d’honneur, mais qu’elle refuse5. En 1871, lors de la Commune de Paris, tandis qu’André Léo collabore avec l’Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés, elle ouvre une école professionnelle gratuite à l’église Saint-Pierre de Montmartre11 et anime le Club de la Victoire qui se réunit à l’église de Saint-Sulpice, rive gauche4. Elle intervient aussi dans des réunions du Club de Notre-Dame-de-la-Croix à Ménilmontant, du Club de Saint-Nicolas-Des-Champs et du Club de la Délivrance à l’église de la Trinité7 et participe, en outre, à l’organisation d’un corps d’ambulances.

Alexis Louis Trinquet :

Alexis Louis Trinquet – Image Wikipedia : Creative Commons Attribution-Share Alike

Alexis Louis Trinquet, habitant de Belleville, est une personnalité de la Commune de Paris. Pendant la Semaine sanglante, il combat sur les barricades à Belleville. Arrêté, il est condamné aux travaux forcés à perpétuité par le conseil de Guerre. Il est envoyé au bagne en Nouvelle-Calédonie. Malade, il tente de s’évader sans succès et est puni par trois ans de double chaîne. En 1880, toujours au bagne, il est élu aux élections municipales de Paris, dans la circonscription bellevilloise de Léon Gambetta, comme candidat de l’amnistie.

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« Les Garçons Ramponeau »

Un film, Les garçons Ramponeau, de Patrice Spadoni, partage l’histoire d’une amitié, qui lie depuis plus de 70 ans trois anciens enfants du quartier populaire de Belleville, à Paris, tous trois élèves dans la même école, rue Ramponeau.

Ils sont vivants, gouailleurs, et savent raconter leur histoire : grâce aux récits de leurs vies, nous traversons les moments forts du XXe siècle, tels qu’ils les ont vécus, depuis leur quartier et leurs communautés.

(en VOD sur Vimeo) :

https://vimeo.com/563792884

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Hommage en vidéo à Jean-Marie Honoret

Hommage à Jean-Marie Honoret, le « Ch’ti Guevara »

C’est avec une grande tristesse que nous avons appris le décès de notre ami Jean-Marie Honoret survenu le 23 janvier 2025.

Notre première rencontre date des Marches européennes de 1997 où il s’était particulièrement illustré, marchant avec de nombreux chômeurs et chômeuses, sans logis, salarié.e.s et syndicalistes, de Tanger à Amsterdam où se tenait un sommet des chefs d’État européens.

Marchant durant deux mois sur les routes d’Europe, contre le chômage, la précarité, les exclusions, il avait été l’un de ces « marcheurs vidéastes » armés de caméras par l’association Canal Marches et filmant chaque jour leurs carnets de route vidéo.

Dès l’hiver qui a suivi, Jean-Marie était devenu, depuis son Nord Pas-de-Calais natal, un des boute-feux et des porte-paroles d’un grand mouvement national d’occupation des Assedics et des Anpe, portant haut les revendications des chômeuses, chômeurs et précaires, jusqu’au bureau du premier ministre.

Ses combats n’ont pas cessé depuis, telles ses actions d’éclat contre les huissiers qui harcelaient les gens pauvres et les précaires, telles de nouvelles marches contre le chômage, allant jusqu’à Rostock en 2007, telle la création d’une Amap totalement bio et protectrice des oiseaux, et tels tant d’autres combats pour la justice et la solidarité.

Jean-Marie Honoret, qui signait souvent avec humour « le Ch’ti Guevara », était quelqu’un d’entier, d’extraordinairement humain, attentif, sensible, à fleur de peau, et gouailleur, drôle, chaleureux, et emporté, rebelle, révolté – un poète libertaire, populaire, habité par de belles et constructives utopies.

À ses proches, à sa famille, à ses amis, à tous ses camarades de combats, nous exprimons notre amitié et notre solidarité.

L’équipe de l’association Canal Marches

25 janvier 2025

JEAN-MARIE HONORET, LE « CH’TI GUEVARA », EN VIDÉO

On peut retrouver Jean-Marie Honoret et quelques uns de ses combats dans le court montage vidéo que nous avons réalisé en son hommage (voir plus haut) :

Extraits du film de Canal Marches « La Marche aux Mille voix » :

Une carte de voeux révolutionnaire du « Rebelle Anticapitaliste »

Presque chaque année Jean-Marie nous faisait signe avec des cartes chaleureuses. celle-ci date de 2019 :

Jean-Marie durant les Marches européennes contre le chômage, la précarité et les exclusions de 1997 (photo Alain Dodeler, marcheur, éclusier et syndicaliste)

« Par la fenêtre ou par la porte » au Palmarès 2024 des étoiles de la Scam – Projection le 30/11/24

Le film fait partie des 30 documentaires figurant au Palmarès 2024 des Etoiles de la Scam (Société civile des auteurs multimédia).
Rendez-vous au Festival Vrai de Vrai les 30 novembre et 1er décembre, au cinéma MK2 Bibliothèque (75013)).

Projection-rencontre Par la fenêtre ou par la porte : samedi 30 novembre, 18:30 – Salle 9
Toutes les séances sont gratuites – Réservation obligatoire

Le Film Septembre 2004, l’État privatise son fleuron historique France Télécom. Le cours de l’action devient primordial et le nouveau PDG Didier Lombard décide de pousser 22 000 personnes hors de l’entreprise « par la fenêtre ou par la porte ». Dix-huit ans plus tard se clôt en appel « l’Affaire des suicides de France Télécom-Orange », la première condamnation pénale de dirigeants du CAC 40 pour harcèlement moral institutionnel. Derrière ce coup de tonnerre juridique, le film retrace l’histoire d’un long combat syndical, inventif et ouvert sur la société, raconté par celles et ceux qui ont mené la lutte.

Réalisation Jean-Pierre Bloc sur une idée de Patrick Ackermann – Production Canal Marches et Thélème films

Pour suivre l’actualité du film : https://parlafenetreouparlaporte.fr/

Projet LES VOIX DE BELLEVILLE 2024 – 2025

Depuis plus de 20 ans Canal Marches réalise des films et organise des ateliers vidéo dans les quartiers de Belleville et Ménilmontant à Paris. « Les Voix de Belleville » est une action de programmation et de projections de ces films et vidéos réalisés avec les habitant·es du quartier et des partenaires locaux (centres sociaux, associations…) Mise en route progressive durant l’année 2024.

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